A la maternelle : la découverte de la collectivité


  • A la maternelle : la découverte de la collectivité

    C’est le premier pas dans l’univers de l’école, où votre enfant passera de longues années. Qu’il ait déjà fait ou non l’expérience de la collectivité, l’entrée en maternelle est synonyme de grands changements. Quelques conseils pour mieux l’y préparer, avec Christine Brunet, psychologue clinicienne et psychothérapeute, et Stephan Valentin, psychologue spécialise de l'enfance.

    Entrer à la maternelle, c’est quitter le monde des bébés. C'est aussi la découverte de la collectivité : nouveaux lieux, nouvelles personnes, nouvelles activités, mais aussi un nouveau rythme qui peut, au début, fatiguer l’enfant, surtout s’il va à l’école la journée entière ou s’il a toujours été gardé à la maison. « L’enfant qui rentre en maternelle se plaint souvent du bruit, et c’est souvent cet environnement bruyant qui le fatigue le plus. », note la psychologue Christine Brunet.

    Pour les enfants petits, se sont souvent les parents les plus stressés. « Mais tout dépend du contexte, de la configuration familiale, de la situation professionnelle des parents. Chaque enfant, chaque parent est différent », tient cependant à préciser Christine Brunet. Toujours est-il que confier son enfant à la maternelle, c’est déléguer son instruction à un inconnu, mais aussi à une institution. En inscrivant son enfant à la maternelle, nous l'intégrons dans un groupe social.

    L’entrée maternelle, c’est aussi de nouveaux horaires, et donc une nouvelle organisation avec éventuellement, un mode de garde en relais pour la sortie de l’école. Comme le souligne Christine Brunet, « après un temps de vacances synonyme de rapprochement familial, mais aussi d’un certain relâchement des horaires et des tâches à effectuer, la rentrée marque le retour des contraintes de temps. Sans compter l’angoisse de l’imprévu de dernière minute – comme une inscription à l‘école toujours pas faite. ».

    Préparer le terrain

    Parlez régulièrement à votre enfant de la vie à l’école, en mettant l’accent sur les nouvelles activités qu’il va découvrir, les nouveaux amis qu’il va se faire. Précisez-lui que tous les enfants de son âge y vont, et qu’en aucun cas ce n’est pour vous « débarrasser » de lui que vous l’envoyez à l’école.

    Pour Stephan Valentin, « il faut valoriser le fait que l’enfant va devenir grand. Les enfants, tout ce qu’ils ont en tête, c’est l’âge, donc l’idée de grandir ne peut que les motiver ». « N’hésitez pas à parler de votre propre rentrée. Les enfants apprécient généralement beaucoup. Lire des petits livres sur le sujet peut également aider », ajoute Christine Brunet. Mais n’omettez pas de lui parler des aspects plus négatifs : se lever le matin, respectez les consignes de la maîtresse, être attentif, prêter ses jouets. L’enfant doit être conscient du fait que la maternelle, c’est aussi un ensemble de règles à respecter. Donner envie sans trop enjoliver les choses : tel est le juste équilibre à trouver pour lui présenter la maternelle.

    Le familiariser en douceur à la collectivité

    Si depuis sa naissance, votre enfant est gardé à la maison, le mettre quelques heures à la halte-garderie peut faciliter la transition cocon familial-vie en groupe.

    Faire un repérage des lieux

    Certaines écoles organisent des journées « portes ouvertes » ; sinon, prenez-en l’initiative. Votre enfant pourra ainsi découvrir son nouveau lieu de vie, avec vos explications : « dans ce coin, tu feras de la peinture » ; « dans la cour, tu joueras une fois le matin, une fois le midi puis une fois l’après-midi» ; « dans cette salle, tu feras la sieste avec les autres enfants ». Si l’école est sur votre trajet, passez régulièrement devant pour le familiariser. L’idéal enfin est de faire connaissance avec l’institutrice ; un visage déjà vu le rassurera.

    L’habituer à son nouveau rythme

    Finies les veillées estivales et les grasses matinées ! La semaine précédent la rentrée, habituez votre enfant à son nouveau rythme en respectant un horaire de coucher et de lever fixe. A titre indicatif, entre 3 et 6 ans, l’enfant a encore besoin de 12 heures de sommeil.

    Travailler sur vos angoisses

    Et si le plus angoissé, c’était vous ? Votre enfant le ressent. « La plupart du temps, quand les enfants sont inquiets, c’est souvent parce que les parents le sont eux-mêmes. Ils transmettent leurs angoisses à leurs enfants. », insiste Stephan Valentin. Relativisez : tous les enfants vont à la maternelle, et généralement, cela se passe bien !

    Le jour J

    Prendre le temps le matin

    Le matin de la rentrée, prenez le temps des préparatifs, quitte à lever votre enfant une dizaine de minutes plus tôt. Le presser ne ferait qu’amplifier la pression. Évidemment, pas d’impasse sur le petit-déjeuner, qui, idéalement, doit comprendre un laitage, un fruit, une boisson et un produit céréalier. En ce jour particulier, prenez soin de lui préparer ce qu’il aime, car il aura peut-être l’estomac noué.

    Pensez au doudou

    S’il en a un – et ce n’est pas obligatoire -, l’enfant peut tout à fait emmener son doudou à la maternelle. Généralement, ils sont consignés dans une corbeille, et l’enfant le prend pour la sieste ; il l’abandonnera naturellement en moyenne section. Mais il ne faut pas non plus s’inquiéter de ce que l’enfant n’en aie pas ; chacun est différent.

    Facilitez son autonomie

    Votre enfant est en théorie propre, mais facilitez-lui la tâche en prévoyant des vêtements faciles à ôter. Idem pour les chaussures. Et comme personne n’est à l’abri des accidents, prévoyez un change dans son sac. Lui apprendre à se laver les mains seul, à s'essuyer aux toilettes, à accrocher son manteau sont aussi autant de petits détails qui faciliteront son quotidien à l'école.

    Apprendre à se séparer

    En ce matin de rentrée, le moment le plus difficile est sans aucun doute celui des au revoir. Les écourter ou les faire durer jusqu’à ce que l’enfant soit calmé ? « Il faut trouver le juste milieu. Si l’enfant vous retient, il faut lui lui expliquer que la maternelle commence, qu’il est l’heure pour lui d’entrer en classe pour retrouver ses nouveaux amis et sa maîtresse, et pour vous d’aller à votre travail. C’est au parent de montrer la limite, conseille Stephan Valentin. Un enfant pleure 2-3 minutes, mais dès qu’on lui donne un jouet, il oublie son chagrin. Des personnes sont là pour gérer ces petits aléas, c’est leur métier », ajoute le psychologue.

    Bien organiser la sortie d'école

    « L’heure des mamans » est un moment de retrouvaille important. Le matin, prenez soin de préciser à votre enfant qui viendra le chercher, à quelle heure et à quel endroit. Et le soir, pas de retard ! Quelques minutes à vous attendre alors que tous ses camarades s’en vont, et votre enfant pourrait se sentir abandonné. Enfin, pensez au goûter...

    Acceptez qu'il ait une vie en dehors de la famille

    Le soir, évitez de l’abreuver de questions. Il sera sûrement fatigué par toutes ces nouveautés, et vous ne feriez qu’augmenter la pression en lui demandant un compte-rendu précis de sa journée et le prénom de ces nouveaux amis. Et il faudra vous y faire : votre enfant a désormais sa petite vie, au sujet de laquelle il faut accepter de ne pas tout savoir. Rencontrer régulièrement son institutrice, consulter son cahier de vie, ses dessins, sont des moyens moins intrusifs de vous tenir au courant.

    En savoir plus - A lire
    L’Entrée à la maternelle, Myriam Szejer et Marie Auffret-Péricone (Albin Michel, 2004)

    A lire à votre enfant
    T’Choupi rentre à l’école, Thierry Courtin (Nathan Jeunesse, 1998)

     

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