L'adolescence


  • L'adolescence

    Période de transition complexe entre l'enfance et l'âge adulte, l'adolescence est une phase d'incompréhension entre les parents et leur enfant. Les prémices de cet "âge dit ingrat", la pré-adolescence commence déjà à angoisser papa et maman. Dans une société sur médiatisée, les conseils se multiplient pour aider tantôt les ados, tantôt les parents. Pour que ces quelques années "à risque" se déroulent sous les meilleurs hospices, mieux vaut comprendre les rouages d'une période qui mêle poussées hormonales ingérables et autonomisation de pensée parfois violente...

    1- Les poussées hormonales

    Ah, qu'il est loin le temps des premiers gazouillis dans le berceau de la maternité, cette peau si douce et si parfaite, cette odeur unique, mélange de lait bébé et d'eau florale...Bienvenue dans la vie de parents d'ados, des poussées d’acnés, des poils disgracieux, des bras pendants, des pieds qui traînent, des portes qui claquent et des humeurs aussi changeantes qu'un ciel d'orage.
    S'ils peuvent se montrer parfois agaçants, voire même un tantinet provocateurs, nos ados ne maîtrisent pas toujours tout. Sur un plan physiologique, la puberté correspond à un profond changement hormonal et physique qui modifient nos enfants à la vitesse grand V. Ces bouleversements les épuisent physiquement et ils sont soumis à des changements d'humeurs qu'ils ne sont pas encore aptes à gérer. Ils ont du mal à se reconnaître lorsqu’ils se regardent dans un miroir (et ils y passent du temps) et connaissent leurs premiers émois amoureux. Tout cela leur échappe complètement et ils doivent pourtant y faire face tant bien que mal. Ils s'inventent de nouveaux looks pour « déguiser » un corps qu'ils n'arrivent pas à dompter : jambes trop longues, seins qui poussent...

    2- La pré-adolescence

    Phénomène de société ou véritable changement ? En 8 et 13 ans au moindre changement de comportement des enfants, on entend parler de pré-adolescence. Même s'il est vrai que les repères de notre société ne sont plus les mêmes et que nos petits sont responsabilisés de plus en plus tôt (familles mono-parentales, parents absents...), nous, adultes, cherchons sans cesse à vouloir leur donner un statut qui nous déculpabilise. Entraînés dans le tourbillon d'une vie basée essentiellement sur l'image, mais aussi la productivité et la rentabilité, nous avons besoin de coller l'image de notre enfant à celle de nos souvenirs d'enfants. Mais il n'en est rien, ce n'est qu'un mirage. Dans nos sociétés occidentales et dans l'ensemble des pays développés il est évident que l'âge de la puberté a avancé. Le petites filles sont réglées entre 10 et 12 ans contre 16 ou 18 ans au XIXème siècle. Ces ados naissants ne sont encore que des enfants qui veulent imiter les grands mais ont encore besoin de leur doudou ou d'un gros câlin de temps à autre. On les voudrait doués de la compréhension d'un adulte dans des corps de bambins. Peut-être ne prend on pas assez le temps de les regarder grandir...

    3- L'identification

    Quelle que fût votre enfance et le respect que vous portiez ou non à vos parents, n'oubliez jamais que vous aussi vous avez été des ados. Si les cadres scolaires et familiaux ne laissaient que peu de place à l'expression de vos colères ou de toutes formes d’arrogance, avouez tout de même que vous rêviez de liberté et qu'au fond de vous, vous étiez en totale opposition avec le modèle familial... Et bien pour votre ado c'est pareil, même combat, même volonté de faire éclater les cadres, même besoin d'identification à ses « potes ». Et non, les adolescents d'aujourd'hui n'ont rien inventé, ils ont juste des outils différents. Si à 14 ou 15 ans, vous aviez eu un smartphone, quel usage en auriez-vous fait ? D'ailleurs n'êtes-vous pas toujours greffé sur votre portable ? Alors, oui, bien sur, il y a toujours eu les premiers de la classe, les premiers prix de conservatoires, les jeunes athlètes aux performances prometteuses...
    Petit à petit on devient moins petit et les transformations physiques qui accompagnent l'adolescence amènent ces jeunes à prendre conscience de leur corps et ainsi à se différencier de l'image asexuée de papa et de maman. Ils apprennent à devenir des personnes à part entière. Nos enfants veulent penser par eux mêmes et rejettent toutes les influences qui les ramènent à leur enfance. Le dialogue reste le maître mot des bonnes relations parents adolescents. Ce n'est pas parce que l'on n'est pas d'accord avec leurs opinions naissantes que l'on doit forcément faire entendre une opposition singlante et tranchée. Ces ados qui sont, bien qu'ils s'en défendent, en pleine période d'apprentissage, ont, contre toute attente, une soif d'apprendre. Éveillons leur sens critique, contribuons à leur ouverture sociale et culturelle. Nous aussi en les accompagnant nous apprendrons plein de choses que nous ne prenons plus le temps de voir ou d'entendre. Non la musique qu'ils écoutent n'est pas plus nase que celle que nous écoutions à leur âge !

    4- La place de la famille

    Tout premier des cercles sociaux, la famille est avant tout un cocon où chacun vit en fonction des autres. Papa et maman se calent sur le rythme des biberons puis les enfants s'adaptent aux horaires de boulot des parents...mais comment gère-t-on avec un ado à la maison ? N'oublions pas que si jusqu'au début des années 70 l'éducation familiale ne laissait que peu de place à la liberté des adolescents, ce sont ces mêmes « enfants » de l'après-guerre qui sont devenus hyper permissifs avec leurs propres ados. La société évolue, nous suivons cette évolution et nos enfants évoluent dans notre sillage. Nous devons aussi faire un tout petit effort pour entendre leurs revendications et accepter une forme de négociation. Notre vie d'adulte est faite d'échanges permanents : travail contre salaire, achat contre argent... Si nous parvenons à nous plier à ces formes d'échanges en dépit de notre adolescence pourquoi nos ados n'y parviendraient-ils pas avec nous ? Élever un enfant, c'est contribuer à construire un adulte autonome, libre et responsable. Nous avons 20, 30 ou 40 ans d'écart avec nos enfants, il est bien normal que nous n'ayons pas les mêmes centres d'intérêt ni les mêmes ambitions. Ils ne nous demandent pas d'adhérer à leurs idées, ils ne veulent juste pas adhérer aux nôtres. Nombre de parents disent « je ne le(a) reconnaît plus ». C'est normal il devient lui même et non plus le fils ou la fille de.

    5- Le besoin d'ailleurs

    Entre vie professionnelle et vie sociale, on attend tous avec impatience les congés. Ces vacances tant attendues virent vite à l'angoisse quand on a un ado à la maison. Qu'est ce qu'on va bien pouvoir en faire ? Jamais content, rien ne lui va, il ne veut plus partir en vacances avec vous. Alors, on fait comment ? Chacun a un droit légitime à ses propres vacances selon ses propres centres d'intérêt. Pour ça, il y a un truc génial inventé de longue date : les colonies de vacances ! Alors les colos d'aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec celles de notre enfance. Ces braves enfants sont la responsabilités de monos qui sont payés pour les supporter !!! Les activités qui leurs sont proposées sont adaptées à leurs envies. Là, ils seront bien obligés de se laver, de faire leur chambre, de ranger leur tente et de temporiser leurs humeurs. Ils découvriront ainsi l'autonomie tout en se retrouvant autour de centres d'intérêts de leur âge. En plus, il existe de nombreuses colos à thèmes où chacun pourra s'adonner à ses passions (astrologie, musique, shopping, plage, sport, découverte...). Et vous, pendant ce temps là, vous allez enfin pouvoir souffler, vous poser. Elle est pas belle la vie ?

    6- Vivre avec son ado

    On ne vit pas avec un adolescent de la même manière que l'on soit en couple ou séparé de l'autre parent. Dans le cas de parents séparés, dans l'idéal, les règles de vie devraient être approximativement les mêmes chez maman que chez papa. Seul hic, c'est que si les parents se sont séparés c'est que chacun avait une conception différente de la vie. Conceptions divergentes qui se retrouvent comme bases de vie chez chacun des anciens membres du couple. Bien souvent les enfants de parents divorcés vivent donc deux éducations bien distinctes, plus ou moins permissives d'un côté ou de l'autre. S'ils n'obtiennent pas une permission à droite ils iront la chercher à gauche, ils jouent sur les deux tableaux. Privé de leur enfant une partie du temps, le parent qui n'a pas la garde a peur de ne plus être aimé de son enfant, que celui-ci ne veuille plus le voir. Alors, il se fait très permissif et troque son rôle de papa ou de maman contre celui de copain ou de copine. Mais malheureusement, les ados ont horreur de la démagogie, ils ont besoin d'une référentiel masculin et d'un référentiel féminin pour se construire.

    Dans une famille dite classique, le cadre se pose plus naturellement. L'enfant a l'habitude d'évoluer entre ses deux parents avec un cadre naturel instauré depuis son plus jeune âge. Alors, évidemment qu'il y a des conflits, mais l'ado connaît mieux les limites à ne pas dépasser. Dans ce cadre là, l'enfant qui connaît les forces et les faiblesses de ses deux parents ne sera pas surpris par un refus ou une sanction et le couple parental aura moins « peur » de ne plus être aimé de son enfant.

    Il ne faut jamais tenter d'appliquer du jour au lendemain des concepts éducatifs qui ne sont pas en adéquation avec l'éducation que vous avez donné à votre ado depuis sa naissance. Ce dernier perdrait tous ses repères. Imaginez deux secondes que comme ça, d'un seul coup, on change vos habitudes et vos règles de vie. Ne seriez-vous pas perdu déboussolé, en colère ?

    7- La notion de sanction chez l'ado

    Parce qu'ils ont un besoin bien réel de conflit pour se construire, les adolescents ont besoin d'un cadre clair et bien défini pour grandir. A cadre clair, sanctions claires. Lorsque les parents posent un cadre de vie bien défini, ils doivent aussi énoncer par avance les sanctions en cas de transgression ; ce qui est le cas dans la vie d'adulte avec le code de la route par exemple qui définit par avance les sanctions en cas de non respect de ce même code. Lorsque les choses sont bien claires, elles peuvent faire l'objet de négociations. Ces négociations sont très importantes car ce sont des moments de communication durant lesquels votre enfant vous laisse pénétrer son univers. Une fois que vous êtes tombés d'accord sur le concept de permission-sanction, il est hors de question d'en déroger. Il s'agit d'une relation de confiance mutuelle qui va rassurer votre ado. Il va se sentir pris en considération et donc aimé. Bien sur, ils vont tenter de transgresser les interdits et de faire éclater ce cadre. Ils cherchent sans cesse à toucher les bords de ce cadre, à dépasser les limites pour se sentir « vivants ». Ils veulent faire leurs propres expériences, quitte parfois à se mettre en danger. Les sanctions servent à redonner des limites au cadre et aussi à rassurer ces enfants. Attention toutefois à ne pas sanctionner à tout va et de manière inconsidérée. Si votre ado vous ramène un mauvais carnet de note évitez de le priver de ses activités sportives. Il a besoin de se défouler !
    Vous ne supportez plus que son smartphone soit le prolongement perpétuel de sa main ou que sa manette de jeux vidéo soit aussi importante que la prunelle de ses yeux ? Redéfinissez des règles de vie ou d'utilisation que vous vous appliquerez à vous aussi ( et oui, on ne se rend pas forcément compte mais nous aussi les adultes on passe un paquet de temps sur les réseaux sociaux ou à textoter avec nos potes...)
    Au fil du temps qui passe de nouvelles bêtises et autres transgressions apparaîtront et de nouvelles négociations permettront d'assouplir ce cadre jusqu'à ce qu'ils acquièrent suffisamment de maturité pour prendre leur envol et assumer tout seuls leurs erreurs, c'est ça devenir adulte. Plus tard, bien plus tard, eux aussi seront confrontés à leurs propres ados, et contrairement à leurs revendications actuelles, ils appliqueront sans doute les bribes de conseils et d'éducation qu'ils ont vécu

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