Tatouage - non sans risques !


  • Tatouage - non sans risques !

    Rochester, Etats-Unis -Le tatouage rencontre un engouement sans précédent dans toutes les couches de la société et à tout âge. En France, le nombre des salons de tatouage a littéralement explosé, passant de 4 seulement en 1980 à 2000 voir 3000 professionnels exerçant le tatouage comme activité principale en 2011, selon le Syndicat national des artistes tatoueurs.

    Or, cette pratique n'est pas dénuée de risques. Si l'équipement utilisé n'est pas à utilisation unique ou bien stérilisé, il existe, notamment, un risque de contracter des infections virales graves comme l'hépatite B, l'hépatite C ou le VIH.

    Moins grave, mais tout de même alarmant, une équipe de médecins de Rochester vient de rapporter des cas d'infection par la bactérie Mycobacterium chelonae sur les tatouages de 19 personnes (13 hommes et 6 femmes) dans les trois semaines qui ont suivi leur réalisation.

    Les résultats de leur étude ont été publiés dans le New England Journal of Medicine.

    Les tatouages ont tous été réalisés par le même salon professionnel de Rochester entre octobre et décembre 2011. L'infection s'est caractérisée par des éruptions papuleuses uniquement sur les zones de la peau tatouées par de l'encre grise.

    D'après un éditorial accompagnant l'article, ce type d'infection peut être difficile à diagnostiquer car les symptômes sont proches de l'allergie. Des cultures sont parfois nécessaires et peuvent prendre jusqu'à 6 semaines pour livrer un diagnostic. En ce qui concerne le traitement, le choix des antibiotiques peut être limité par le profil de susceptibilité des organismes et il peut être prolongé. Enfin, des complications comme la co-infection par le staphylocoque doré ont été décrites.

    Une contamination dès la fabrication
    Les biopsies réalisées par B. S. Kennedy et coll. (Monroe County Department of Public Health, Rochester, Etats-Unis) chez 17 de 19 patients ont permis d'isoler la bactérie chez 14 d'entre eux. La présence du pathogène a été confirmée par séquençage ADN.

    Des antibiothérapies par macrolides, en premier, puis par doxycycline ou les deux ont été initiées chez 18 des patients et leur état s'est amélioré (bien qu'à un rythme variable en fonction des individus).

    Auparavant, d'autres émergences de Mycobacterium chelonae ont été rapportées aux Etats-Unis et en France, toujours localisées sur les zones grises des tatouages.

    En 2010, des dermatologues de Rouen avaient constaté les mêmes éruptions pustuleuses sur les tatouages de 48 patients.

    Jusqu'ici l'hypothèse était que la contamination provenait du fait que l'encre noire était transvasée dans des petites bouteilles et diluée avec de l'eau non stérile pour obtenir des variations de gris et que les seringues étaient rincées avec de l'eau du robinet.

    Mais, dans cette nouvelle série de cas, la bactérie a été retrouvée dans des bouteilles d'encre non ouvertes suggérant un défaut d'hygiène dans la chaîne de fabrication avant la distribution du produit. L'encre prémixée a été rappelée par le fabriquant et le Centers for Disease Control a lancé une alerte au niveau national.

    « Même si une personne se fait faire un tatouage chez un tatoueur qui a les standards les plus élevés en matière de d'hygiène et de sécurité sanitaire il reste un risque d'infection par l'utilisation d'encre contaminée. Les personnes qui se font tatouer doivent être conscientes de ce risque et consulter si des lésions papuleuses rouges ou une éruption maculaire diffuse apparaissent  », concluent les éditorialistes.

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