Téléphones portables et santé


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    Téléphones portables et sans fil : encore une étude en faveur de la majoration du risque de gliome

    Örebro, Suède – Les téléphones portables et sans fil sont, une nouvelle fois, mis en cause dans le développement de tumeurs cérébrales, selon une analyse rétrospective suédoise. Reste qu’il s’agit comme toujours d’une étude cas-contrôle avec ses limites dues à la méthodologie et que, faute d’essais prospectifs randomisés, il en faudra encore beaucoup du même genre pour le facteur causal soit officiellement identifié…ou pas.

    En attendant, le Pr Lennart Hardell (service d’oncologie, hôpital universitaire d’Örebro, Suède) recommande « d’utiliser, en priorité, les kits mains libres avec le haut-parleur et d’envoyer des SMS plutôt que de téléphoner ». « En attendant les preuves, des recommandations de bon sens »

    Recommandations françaises

    En France, l'Institut national du Cancer (InCA) rappelle que depuis 2008, le ministère chargé de la santé recommande d'adopter une approche de précaution :

    1. éviter les conversations inutiles ou trop longues ;
    2. téléphoner de préférence dans les zones dans lesquelles la réception est à son maximum : lorsque la réception est faible, la puissance d'émission est maximale ;
    3. encourager les enfants et les adolescents à un usage modéré du téléphone mobile;
    4. éviter de téléphoner en se déplaçant afin que l'appareil ne cherche pas un nouveau relais ; éloigner l'appareil des zones sensibles du corps. Un kit piéton limite l'exposition de la tête.

    Un rapport concis résumant les conclusions du groupe de travail du CIRC est publié dans Lancet Oncology, numéro du 1er juillet 2011.

     

    Le risque (de développer un gliome= variété de tumeur issue du tissu nerveux, et plus spécifiquement de la substance servant de soutien aux neurones (cellules nerveuses), ) va jusqu’à tripler après plus de 25 ans d’utilisation et il est majoré lorsque les appareils ont été utilisés avant l’âge de 20 ans.

    D’après ces nouveaux résultats, le risque de développer un gliome, la tumeur cérébrale la plus fréquente, augmente avec les années d’utilisation de téléphones mobiles et de téléphones sans fils. Le risque va jusqu’à tripler après plus de 25 ans d’utilisation et il est majoré lorsque les appareils ont été utilisés avant l’âge de 20 ans.

    L’analyse a été publiée le 28 octobre dans l’édition en ligne de la revue Pathophysiology [1].

     

    Téléphones sans fil
    On s’intéresse beaucoup aux téléphones portables mais peu aux téléphones sans fil (DECT) vendus depuis environ 25 ans comme les mobiles. Pourtant, ils font appel à la même technologie et ils émettent constamment des ondes à haute fréquence, même en dehors des appels. Il arrive que ces DECT émettent des rayonnements électromagnétiques dans la pièce où la base est installée supérieurs à la valeur maximum par mètre préconisée.

     

    Un risque de gliome augmenté à partir d’un an d’utilisation

    Après ajustement pour l’âge au moment du diagnostic, pour le sexe, pour le niveau socio-économique et pour l’année du diagnostic, les chercheurs observent que le risque de gliome augmente avec le nombre d’années d’utilisation et ce, dès un an d’utilisation. Les individus les plus à risque étaient ceux qui avaient utilisé des téléphones portables pendant plus de 25 ans.

     

    Risque de gliome en fonction du nombre d’années d’utilisation de téléphones portables et sans fil

    Les chercheurs précisent que le risque de gliome était plus important dans les régions les plus exposées du cerveau. Les risques relatifs étaient plus élevés au niveau de l’exposition ipsilatérale (du côté où est placé le téléphone), au niveau temporal et au niveau du chevauchement des lobes.

    En outre, le risque était plus élevé chez les participants qui avaient utilisé un cellulaire ou un téléphone sans fil avant 20 ans, respectivement 1,8 et 2,3. Des données à interpréter avec prudence car les nombres de cas et de contrôles étaient relativement faibles.

    Enfin, le risque semblait plus élevé avec les téléphones 3G comparés aux autres, même si ces données reposaient, encore une fois, sur un petit nombre de participants.

     

    Des doutes depuis les années 1990 mais pas de preuve « irréfutables » pour les autorités

    Pour le Pr Hardell, ces nouvelles données confirment que les émissions électromagnétiques des téléphones sans fil devraient être considérées comme carcinogènes par le Centre International de Recherche sur le Cancer (IARC) et que « les recommandations actuelles concernant l’exposition devraient être révisées en urgence » pour en tenir compte.

    Jusqu’ici, de nombreuses études ont tenté d’évaluer le lien entre l’utilisation de ces appareils et les tumeurs cérébrales. Mais, les preuves ne sont pas considérées comme « irréfutables ».

    L’équipe du Pr Hardell a publié des données incriminant les téléphones mobiles et sans fils depuis les années 1990.

    Les recommandations actuelles concernant l’exposition devraient être révisées en urgence -- Pr Hardell

    Mais, à l’inverse, l’étude INTERPHONE, publiée en 2011 n’a pas pu démontrer d’association entre les deux phénomènes [2,3].

    En outre, une vaste étude, prospective cette fois, publiée dans l’International Journal of Epidemiology en 2013 [4] a montré que l’utilisation des téléphones portables n’était pas associée à une incidence accrue des gliomes, des méningiomes ou des cancers non-cérébraux chez des femmes britanniques.

    REFERENCES:

    1. Hardell L, Carlberg M. Mobile phone and cordless phone use and the risk for glioma – Analysis of pooled case-control studies in Sweden, 1997–2003 and 2007–2009. Pathophysiology. Published online October 29, 2014. Abstract

    2. The Interphone study group. Brain tumour risk in relation to mobile telephone use: results of the INTERPHONE international case–control study. Int J Epidemiol 2011;39:675-694

    3. The Interphone study group . Acoustic neuroma risk in relation to mobile telephone use: Results of the INTERPHONE international case–control study. Cancer Epidemiol 2011;32:453-464

    4. Benson V, Pirie K, Schüz J..Mobile phone use and risk of brain neoplasms and other cancers: prospective study. Int J Epidemiol 2013;42:792-802)

     

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